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Le Nouvelliste - 8 mars 2005

Le 8 mars et le féminisme ...

 

Au Québec comme ailleurs, la Journée internationale des femmes est l'occasion de faire le bilan du progrès accompli et de se pencher sur les moyens à prendre pour que l'égalité devienne une réalité de tous les jours. Oscillant entre des reculs ponctuels, des percées majeures et des lenteurs exaspérantes, la marche des femmes vers l'égalité n'en est pas moins constante.

1866, la déchéance légale des femmes dans le Code civil est confirmée, cette loi agira profondément sur les perceptions et les attitudes. 1929, les femmes du Canada deviennent des « personnes ». En vertu de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (Loi constitutionnelle de 1867), le terme « personne » n'incluait pas les femmes. 1940, c'est en pleine guerre mondiale que les femmes du Québec obtiennent le droit de vote au niveau provincial. C'est le fruit de quatorze ans d'efforts au cours desquels des féministes se sont rendues chaque année à Québec pour l'exiger. Les canadiennes de toutes les autres provinces l'ont obtenu entre 1916 et 1925.
1940, la guerre incite les gouvernements à faire appel aux femmes pour qu'elles viennent travailler en usine. On fait valoir leur capacité d'exercer tous les métiers. À Montréal, six garderies sont créées. 1945, c'est la fin de la guerre. Le gouvernement incite les femmes à retourner au foyer. Les garderies publiques sont fermées.
1954, on abolit le « double standard » selon lequel une femme ne pouvait demander une séparation pour cause d'adultère qu'à la condition que le mari fasse vivre sa concubine dans la résidence familiale. Une telle restriction ne s'appliquait pas au mari qui pouvait obtenir en tout temps la séparation de sa femme pour cause d'adultère. 1961, les collèges classiques pour filles sont enfin subventionnés. Ceux des garçons l'étaient depuis 1922. 1964, la célèbre loi 16 est adoptée. Elle met fin à l'incapacité juridique de la femme mariée.
1971, les femmes obtiennent le droit d'occuper la fonction de jurée à la suite d'une manifestation organisée par le Front de libération des femmes au cours du procès de Paul Rose. 1975, pour la première fois au Québec, l'adoption de la Charte des droits et libertés de la personne interdit officiellement toute discrimination fondée sur le sexe. 6 décembre 1989, un homme tue 14 jeunes femmes, étudiantes en génie à l'École polytechnique de Montréal. en leur criant : « Vous êtes toutes des féministes. Je hais les féministes! ». (1)
Encore cette année, va-t-on lire des sottises qui ne peuvent s'expliquer que par une méconnaissance de l'histoire ou entendre des aberrations qui ne peuvent s'expliquer que par un manque d'analyse sociale concernant le 8 mars ou le mouvement social qu'est le féminisme? C'est quoi au juste le féminisme? Le féminisme c'est la démarche sociale pour l'atteinte de l'égalité entière, de droits et de faits, entre les hommes et les femmes. Être féministe, c'est tout simplement adhérer à cette démarche sociale de justice. Le féminisme n'aurait plus sa place?
Alors, pourquoi 70 % des personnes pauvres au Québec et partout dans le monde sont des femmes et des enfants? Pourquoi, au Québec, seulement 10 % de femmes occupent la fonction de mairesse? Pourquoi les femmes consacrent en moyenne deux heures de travail par jour de plus que les hommes à l'organisation de la vie quotidienne et à l'éducation des enfants ? Pourquoi les images en provenance de l’Assemblée des Nations Unies ne sont garnies que de complets-cravate ? Pourquoi ? Parce que l’égalité de faits est loin d’être atteinte.

Et puis, paradoxalement, nous assistons actuellement à l'apparition de certains groupes d'hommes qui accusent parfois les féministes d'être responsables d'à peu près tous les maux de la société et d'à peu près toutes leurs souffrances individuelles.

Pourquoi le mot féminisme provoque des malaises chez certaines personnes ou fait tout simplement peur? Nous pensons que la réponse appartient à chacun et à chacune. Dire cependant qu'il s'agit du mot qui définit une révolution sociale pacifique d'à peine trois à quatre décennies d'histoire et qui n'a jamais tué personne. Une révolution qui a remis en question des siècles d'infinis servages et d'injustice.

Bien plus que d'appeler un chat « un chat », le mot féminisme a, et aura toujours, une portée profondément historique et dont il sera immensément important d'en faire saisir le sens véritable dans l'éducation et l'instruction des générations qui nous suivront. Les maisons d'édition de dictionnaires devront avoir la rigueur et l'honnêteté de définir le mot féminisme en des termes plus étoffés afin de mieux marquer et authentifier en quoi il est un mot de l'histoire de l'humanité. (2)

L'histoire de l'humanité c'est également la planète et le monde. Aussi, l'année 2005 souligne le 5ième anniversaire de la Marche mondiale des femmes de l'an 2000. La Marche des femmes de 2005 c'est un réseau mondial rassemblant 5 500 groupes de femmes issus de 163 pays et territoires. Après un processus de consultation et de rédaction collective d'un an et demi, la Charte mondiale des femmes pour l'humanité a été adopté par les déléguées de 31 pays des 5 continents lors de la Cinquième Rencontre internationale, le 10 décembre dernier à Kigali au Rwanda.

La Charte mondiale des femmes pour l'humanité propose de construire un monde où l'exploitation, l'oppression, l'intolérance et les exclusions n'existent plus, où l'intégrité, la diversité, les droits et libertés de toutes et de tous sont respectés. Ce monde est basé sur l'égalité, la liberté, la solidarité, la justice et la paix. La Charte comprend 31 affirmations qui décrivent les principes essentiels de base pour construire ce monde.

La Charte sera lancée le 8 mars et elle fera le tour du monde, accompagnée d'une courtepointe qui croîtra à chaque étape, en passant par 53 points focaux dans autant de pays, s'arrêtant au Burkina Faso le 17 octobre 2005.

La construction d'un autre monde est urgente et à notre portée! (3)

(1) La constante progression des femmes. Conseil du statut de la femme. Gouvernement du Québec. Décembre 1995

(2) Le conseil d'administration de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie

(3) Le Comité international de la Marche mondiale des femmes

La Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie a 20 ans et elle réunit les groupes de femmes suivants : Aféas-région Mauricie, Association des religieuses en promotion de la femme, Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel à Trois-Rivières, Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel Centre de la Mauricie/Mékinac, Comité d'action des Non-Syndique-Es, Centre d'éducation populaire de Pointe-du-Lac, Centre de femmes de Shawinigan, Centre des femmes l'Héritage à Louiseville, Centre de ressources pour la naissance, Centre de santé des femmes de la Mauricie, Centre diocésain Trois-Rivières-Comité condition féminine, Centre Le Pont, Coin d'Elles-Cégep de Trois-Rivières, Comité logement de Trois-Rivières, Comité de Solidarité Tiers-monde de Trois-Rivières, CSN/Trois-Rivières-Comité condition féminine, Femmes de Mékinac, Femmes et entrepreneuriat en Mauricie, Femmes et production industrielle, FTQ/Trois-Rivières-Comité condition féminine, La Séjournelle, Le Toit de l'amitié, Maison de Connivence.

 
Photo Le Nouvelliste, Sylvain Mayer

Le conseil d'administration de la Table de concertation. De gauche à droite : Maryse Lefebvre du Centre de santé des femmes de la Mauricie, Sandra Vachon du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, France Lavigne du Centre de femmes de Shawinigan et présidente de la Table, Christine Boulet de Centre des femmes l'Héritage de Louiseville, Andrée Boileau et Joanne Blais, coordonnatrices de la Table.


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