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Le Nouvelliste - 3 octobre 2013

Un colloque féministe très suivi

Louise Plante - louise.plante@lenouvelliste.qc.ca

 

Lac-aux-Sables - Plus de soixante femmes ont répondu à l'invitation de Femmes de Mékinac de participer à une journée de réflexion sur le thème Le féminisme plus actuel que jamais, qui s'est déroulée en début de semaine à l'auberge du lac en Coeur.

La coordonnatrice du centre de femmes, France Déry, a confié que le but de cette journée était de se découvrir la pertinence du mouvement féministe et l'importance de la place des femmes sur la scène politique.

Incidemment, les participantes ont aussi pu découvrir que le mouvement féministe n'est pas homogène et qu'il se compose de plusieurs courants, ce qu'a mis en relief Francine Descarries, professeure du département de sociologie, Institut de recherches et d'études féministes à l'UQAM. Cette dernière a démontré, comment les hommes ont eux-mêmes défini les femmes (faibles, sans jugement, hystériques) pour ensuite imposer tout naturellement leur asservissement et réduire leur monde à la maternité.

Mme Descarries qui s'intéresse aux questions de laïcité, a confié que ce qui l'effraie dans le débat actuel, dont celui sur le foulard des musulmanes, c'est qu'il instrumentalise les femmes. «On se sert d'elles pour mener un débat... qui a sa raison d'être par ailleurs. Je suis pour une société totalement laïque et je considère que la pratique de la religion est une affaire privée. Ça colore ma position par rapport à la charte proposée, mais je ne pourrais l'accepter dans l'état où elle est, insiste-t-elle. Elle a des incohérences ne serait-ce qu'avec le crucifix à l'Assemblée nationale.»

Se définissant comme féministe radicale, Mme Descarries rappelle que toutes les religions sont des institutions patriarcales et qu'elle sont incompatibles dans leurs institutions avec l'égalité hommes-femmes. Elle se dit prête à accepter une période transitoire mais qu'il s'agisse du chapeau de la femme chrétienne à l'église, de la perruque de la femme juive ou du hijab de la femme musulmane, il est évident qu'il s'agit d'un signe d'appartenance religieuse... et de soumission.

Les participantes ont aussi appris qu'elles doivent suivre avec intérêt le développement du masculinisme, un courant porté par plusieurs sociologues et psychologues influents au Québec et qui, selon le conférencier Martin Dufresne, journaliste, traducteur et chercheur, membre du Collectif masculin contre le sexisme, constituerait une «belle fumisterie» et une attaque insidieuse au féminisme.

Citant le mahatma Gandhi, alors qu'il décrivait alors les oppresseurs de son peuple,M. Dufresne note que les hommes ont d'abord ignoré les femmes, pour ensuite les ridiculiser, les combattre et finalement pour se poser en victimes.

Le conférencier n'a pas été tendre non plus envers les médias qui véhiculent sans nuances les théories sur le décrochage des jeunes garçons, «la détresse» des hommes divorcés et les nouvelles théories sur «la genèse de la violence masculine». Il a aussi dénoncé l'attitude des avocats et des tribunaux dans les cas de viol, avec pour résultat que seul 10 % des cas se terminent avec une condamnation.

La résistance au féminisme est bien réelle, a-t-il prévenu et elle part en grande partie du milieu universitaire où se développe le masculinisme avant de se répandre dans des réseaux de télévision spécialisés (souvent destinés à un auditoire féminin) et plusieurs revues.

Rappelons que M. Dufresne est celui qui tient à jour la liste des femmes et enfants tués par des hommes au Québec depuis le 6 décembre 1989. Elle contient maintenant 1012 noms.

 

Photo Louise Plante

Un colloque sur le féminisme se déroulait récemment au lac en Coeur, sous l'égide du Centre de femmes, Femmes de Mékinac. Sur notre photo, France Déry, coordonnatrice du centre de femmes, Francine Descarries, membre fondatrice de l'Institut de recherche et d'études féministes de l'UQAM et conférencière et Nathalie Guindon, agente de projet au centre de femmes. Photo : Louise Plante

 

Politique municipale
«Exigeant mais très enrichissant» - Lise Landry

Louise Plante - louise.plante@lenouvelliste.qc.ca

 

Lac-aux-Sables - Si Lise Landry reconnaît que l'engagement politique peut être très exigeant, elle le qualifie surtout de «très enrichissant». C'est ce qu'a confié l'ex-mairesse de Shawinigan à la soixantaine de femmes (et quelques hommes) qui participaient au colloque Le féminisme, plus actuel que jamais, organisé par le Centre de femmes Femmes de Mékinac, en début de semaine au lac en Coeur.

«Quand vous avez fait de la politique municipale, vous êtes ferrées pour faire n'importe quoi», a lancé avec aplomb celle qui depuis son retrait de la vie politique, cumule les engagements à différents conseils d'administration. Manifestement, la dame a toujours la piqûre. «Quand on embarque, ça reste en nous», a-t-elle avoué.

Mme Landry a raconté comment son parcours politique à titre d'attachée du député libéral de Saint-Maurice, Yvon Lemire, l'avait propulsée presque malgré elle à la mairie de Shawinigan, alors qu'elle ne visait au départ qu'un poste de conseillère.

Le soir de la victoire, elle montait l'escalier de l'hôtel de ville des papillons dans l'estomac, se demandant si elle allait provoquer «la faillite de Shawinigan», car de son propre aveu, elle ne connaissait alors rien aux infrastructures municipales.

La conférencière a particulièrement insisté sur ce point: nul besoin de tout connaître pour occuper un poste important.

«Des anges gardiens sont là autour de vous pour vous conseiller. On chemine là-dedans», a-t-elle assuré en faisant référence aux directeurs général et financier d'une ville.

Pressée de questions sur la façon féminine de gouverner, Mme Landry a d'abord déclaré «qu'il n'y avait pas de différence dans la façon de traiter les dossiers», avant d'ajouter plus tard «que les femmes ne travaillaient pas de la même façon que les hommes»... ce qui en a laissé quelques-unes perplexes.

L'ex-mairesse laissait entendre que la priorité dans les dossiers ne changeait pas vraiment parce qu'une femme dirigeait un conseil, mais que sa façon plus collégiale de mener les débats avec ses conseillers, elle, différait. D'ailleurs, à son arrivée à la mairie shawiniganaise, plusieurs conseillers, agréablement surpris, lui en auraient fait la remarque.

Revenant sur la commission Charbonneau, Mme Landry a déclaré «que des choses devaient être dites», mais qu'elle estime que les dessous peu reluisants du monde municipal qui y sont étalés n'effrayeront pas les femmes.

À ces dernières, elle a recommandé de prendre une seule précaution avant de se lancer en politique, celle de s'assurer que leur famille soit capable d'assumer les côtés négatifs de la vie publique (affrontement, critiques, reportage dans les médias, caricatures cruelles).

«Personnellement, j'ai fait un grand dîner de famille avec mon mari, mes enfants et petits-enfants parce que je ne voulais pas qu'ils souffrent de ma décision. Ils m'ont dit qu'ils étaient derrière moi. D'ailleurs, j'ai même un fils qui sollicite un quatrième mandat de conseiller à Trois-Rivières», a-t-elle conclu, non sans une pointe de fierté.

Soulignons que plusieurs autres élues des municipalités de Mékinac assistaient à ce colloque de même que la députée libérale de St-Maurice-Champlain, Lise St-Denis, qui supportait d'ailleurs financièrement l'événement.

 

Photo Stéphane Lessard

Lise Landry a parlé de son passage en politique municipale lors du colloque organisé par le Centre de femmes, Femmes de Mékinac, au lac en Coeur. Photo : Stéphane Lessard


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